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Les MENA et l’accueil médical: un travail pour une santé équitable dans les soins de santé belges

Dans les cercles des soins de santé, un terme émerge parfois de façon insidieuse: le «syndrome méditerranéen». Cette croyance persistante, bien qu’infondée, suggère que les patients originaires du pourtour méditerranéen exagèrent leurs symptômes.

Chaque année, UNIA, l’institution belge de lutte contre la discrimination, reçoit un grand nombre de témoignages de patients qui en sont victimes.

Malgré l’image d’un secteur de la santé épargné par les préjugés, les recherches menées par UNIA dévoilent une réalité tout autre. Depuis toujours, des pratiques médicales discriminatoires ont perduré, reflétant les stéréotypes sociaux et influençant, encore aujourd’hui, la médecine moderne.

Des études révèlent que les patients immigrés de première génération se sentent jusqu’à cinq fois plus discriminés par leurs médecins que le reste de la population belge. Cette situation n’est pas différente lorsqu’il s’agit des MENA (Mineurs Étrangers Non Accompagnés).

Les MENA sont ces jeunes qui, pour diverses raisons, ont quitté leur pays et se retrouvent dans un pays d’accueil sans la présence d’un représentant légal. Face à cette réalité, UNIA appelle à des actions concrètes.

En premier lieu, la collecte de données s’impose afin de mieux comprendre l’ampleur des discriminations au sein des soins de santé en Belgique. Ensuite, l’intégration des compétences transculturelles dans la formation des professionnels de la santé apparaît comme une nécessité cruciale.

La situation des MENA fait partie intégrante de cette démarche. Il est impératif d’investir dans leur accueil, leur accompagnement psychosocial, et leurs accès aux soins. Des recommandations précises se dessinent : la mise en place d’environnements sécurisants, de services de santé mentale adaptés, le recours à des interprètes en milieu social, et l’implication de leur contexte familial dans leur plan de soins.

En conclusion, nos soins de santé ont besoin d’une remise en question des pratiques établies, d’une sensibilisation continue, et de mesures concrètes pour garantir des soins de santé justes, équitables et respectueux de la diversité de chacun.